15 décembre 2008
Gaëlle Valcke veut aider l’équipe nationale dans sa quête olympique
Si cela fait plusieurs années que des joueurs néerlandais traversent la frontière pour venir évoluer dans le championnat de Belgique, les Belges ont également fait leur apparition dans la compétition des Pays-Bas. Et cette saison, outre Thomas Briels qui évolue à Oranje Zwart, ou Charlotte De Vos, qui porte les couleurs de Laren, Gaëlle Valcke a choisi de rejoindre Rotterdam.
En effet, après le tournoi pré-olympique de Kazan, l’ambition et le désir de continuer à progresser l’ont fait beaucoup réfléchir. Et à 22 ans, elle a décidé de franchir le pas. « Cela se passe très bien pour moi dans mon nouvel environnement même s’il m'a évidemment fallu un petit temps d'adaptation. Il fallait s'intégrer dans une nouvelle équipe, avec plus d'entrainements, le néerlandais que je pratiquais très peu, et continuer mes études ici à Bruxelles. J'ai pu trouver ma vitesse de croisière et je suis maintenant ravie de pouvoir évoluer dans ce championnat. »
Pour Gaëlle qui a débuté à cinq ans au Wellington et qui s’est faite remarquée dès l’âge de 13 ans en équipe première, il s’agissait naturellement d’un grand pas en avant puisque le niveau du championnat néerlandais est clairement plus élevé que dans notre pays. « C’est clair que tout va très vite et la moindre erreur coute cher. Il y a beaucoup de contacts physiques. Je trouve que le jeu est à la fois sec, très agressif mais propre. Voilà pourquoi il vaut mieux savoir quoi faire de la balle avant de la recevoir ! Le rythme des rencontres m'a vraiment impressionné au départ, j'avais le sentiment de jouer des matchs internationaux tous les week-end. »
A Rotterdam, l’ambition du club est clairement d’éviter les barrages et se rapprocher le plus possible des quatre premières places. Mais ce n’est pas tout, l’équipe nationale occupe également une place de choix dans le cœur de cette étudiante en Sciences Politiques à l'ULB. « Je pense que l'avenir est très prometteur si nous continuons à travailler dur. L'ambition, l'envie et l'engagement des joueuses sont très présents. Notre premier objectif est clair pour 2009 : terminer à la première ou deuxième place au prochain championnat d'Europe qui se déroulera à Rome en juillet. Cela est primordial afin de remonter dans la poule A et d'avoir la possibilité de disputer le tournoi qualificatif pour la coupe du monde. »
Sans oublier qu’à plus long terme, il y a naturellement les Jeux de Londres en 2012. « C’est vrai qu’après Kazan, il y a eu une déception très difficile à digérer. Londres est une cible à long terme mais on doit d’abord se focaliser sur des objectifs directs comme le championnat d'Europe. Il faut avancer étape par étape. »
Et durant la trêve hivernale, Gaëlle fera son retour en Belgique pour disputer le championnat salle avec l’équipe du Léopold pour la troisième année consécutive.
L.T. (In Le Soir, lundi 15 décembre 2008)
Vous pouvez également lire une autre interview de Gaêlle Valcke sur le site de Philippe Demaret
04 décembre 2008
Sport à l'université : pas facile...
Après mon papier de ce lundi sur la renaissance du championnat universitaire de hockey du côté francophone du pays, Philippe Demaret a rencontré Pierre Schulte qui est le coordinateur responsable du programme Ephec Sport. Et celui-ci ne va pas par quatre chemins lorsqu’il s’agit de parler du politique « Le sport est en effet une compétence régionale et je pense pouvoir dire que le fait que plusieurs ministres soient en charge de la même matière en différents endroits du pays n’aide sûrement pas à développer à ce sujet une politique globale et cohérente, mais cette matière ne fait pas exception et je pense qu’en Belgique nous sommes tous un peu conscients de ce fait dans le fond. »
La suite de l’article sur www.okey.be
02 décembre 2008
Le championnat universitaire renaît de ses cendres
Alors que beaucoup pensaient que les championnats sportifs universitaires avaient tous disparus, le hockey fait un retour fracassant, cette saison, avec un nouvel engouement du côté francophone. Alors que seul l’UCL s’était impliqué l’an dernier, ce sont aujourd’hui quatre équipes (HESpaak, ICHEC, UCL et l’EPHEC) qui s’affrontent, depuis le début de ce mois de novembre et jusqu’à la fin du mois de mars, sous les yeux d’arbitres nationaux. C’est ainsi qu’à l’EPHEC, Catherine van de Wouwer, professeur de marketing au sein de l’institution et ancienne joueuse de hockey de l’Ombrage, a décidé de reprendre en main le groupe. « J’ai entendu parler de la volonté de Marc Coudron d'améliorer et de développer le championnat universitaire. Comme professeur et personne convaincue qu'il faut promouvoir la pratique du sport à l'Ecole, ce projet s'imposait donc à moi comme une évidence. »
Contrairement aux USA, les championnats inter-universitaires ne sont pas connus en Belgique, malgré une structure existante qui les organise. L'Association de l'Enseignement Universitaire et Supérieur (ASEUS) organise donc des compétitions nationales en football, basket-ball, handball, tennis, etc.
Pour le hockey, les clubs se rencontrent tout d’abord en fonction des communautés. C’est ainsi que le vainqueur et le deuxième de ce mini-championnat francophone rencontreront alors les deux meilleures écoles ou universités flamandes. Et du côté néerlandophone, le niveau est très élevé du côté des Universités de Louvain (champion en titre), de Gand ou d’Anvers avec beaucoup d’éléments provenant des clubs de l’élite ou de D1. Mais pour Eliott Van Strydonck, défenseur au Léopold et entraîneur de la sélection de l’EPHEC, l’important, c’est avant tout de prendre du plaisir sur le terrain. « Pendant le match, tu sens qu’il y a tout de même un certain enjeu. Tu veux représenter au mieux ton école. Mais après la rencontre, c’est très bonne ambiance et on fait la fête comme cela se passe en club. »
Du côté de l’ICHEC, c’est Alexandre De Saedeleer qui est l’un des éléments importants de la formation. Le joueur du Watducks est entouré de Cédric Charlier, Thomas Vanderborght, Cedric Buchet ou encore Arnaud Delusinne. « Le niveau du championnat est tout de même relativement bon même si cela manque encore d'automatismes. A l’exception de l'école Henri Spaak, toutes les équipes sont assez compétitives puisqu’on y retrouve toute une série de joueurs de Division D’honneur. »
Une compétition qui permet également de relancer le débat sur les étudiants, spotifs de haut niveau. Alexandre De Saedeleer a participé de manière active à toute la préparation des J.O avec les Red Lions. Il est donc extrêmement bien placé pour donner son avis sur le sujet. « Durant cette année olympique, j'ai reçu énormément d'aide de la part de l'ICHEC. Il y avait, par exemple, la coordinatrice d'année qui s'occupait plus spécifiquement de mon cas. J'avais fréquemment des rendez vous afin de réussir à conjuguer les deux programmes. J'ai eu la chance de pourvoir m’absenter pour des matchs ou des entraînements et j’ai eu la possibilité de déplacer certains examens pour la session de juin. »
Et Catherine Catherine van de Wouwer est également bien sensibilisée à la problématique puisqu’elle accueille dans sa première année de bac en Marketing, trois sportifs de haut niveau (voile, karting et hockey). « En effet, la Belgique est bien en retard par rapport à ses voisins allemands et hollandais ou tout simplement manque-t-elle d'une volonté politique d'intégrer le sport comme valeur essentielle dans l'éducation des jeunes. On consacre trop peu de moyens pour encadrer les sportifs de haut niveau, le COIB fait ce qu'il peut avec le projet ABCD (ndlr : projet financé par les trois communuatés afin de stimuler le sport de haut niveau chez les jeunes et ainsi accroître le nombre de d’athlètes présents aux Jeux de 2012) mais son action ne touche pas l'enseignement supérieur et universitaire. »
Et même si le chemin est encore long, les mentalités changent. Et ç, c’est déjà un premier pas très positif pour le futur.
Laurent Toussaint (In le Soir, lundi 1 décembre 2008)
17 novembre 2008
L’expérience hollandaise de Thomas Briels
Lorsqu’en juin dernier, Thomas Briels a dévoilé sa volonté de quitter la Belgique pour évoluer à Oranje Zwart, certains spécialistes ont affirmé que l’attaquant du Dragons partait bien trop tôt et qu’il aurait encore pu rester dans notre championnat quelques saisons avant de tenter le grand saut. L’Anversois est pourtant totalement épanoui du côté d’Amsterdam. « Tout se passé idéalement pour moi depuis mon arrivée aux Pays-Bas. J’étais bien entendu un peu stressé en arrivant car je ne connaissais personne à part Sander Baart qui évoluait à l’Antwerp auparavant. Pour le moment, nous sommes deuxièmes au classement et je ne cesse de progresser. Que puis-je demander de plus ? »
Et après neuf rencontres de championnat, Thomas constate déjà la différence de niveau entre la « Hoofdklasse » et notre division d’Honneur. « Tout va effectivement beaucoup plus vite. Ici, il n’est pas question de commencer à réfléchir à comment contrôler la belle ou quoi en faire. Le hockey hollandais est beaucoup plus physique et les arbitres sifflent beaucoup moins qu’en Belgique. Il faut se montrer dans les duels. »
Et l’acclimatation de notre jeune international se poursuit de la meilleure des manières puisqu’il a inscrit, dimanche dernier, son premier tout but en championnat face au club de Klein Zwitserland. Un but très important pour son club puisqu’il a permis à Oranje Zwart de remporter les trois points. Thomas n’set donc pas prêt de regretter son choix. « J'avais besoin de franchir le pas pour devenir encore meilleur. Lorsque tu veux continuer à évoluer en tant que joueur, il faut savoir prendre des risques. Je voulais monter à l’échelon supérieur. Je pense qu’il n’y a que de cette façon que tu peux progresser un maximum. »
Tout bénéfice donc pour notre équipe nationale puisque notre jeune attaquant rêve déjà des Jeux de Londres en 2012. « Je me sens très bien avec les Red Lions. L’ambiance est excellente et l’encadrement est de plus en plus professionnel. Une des raisons pour laquelle je me suis tournée vers les Pays-Bas, c’était de m’améliorer un maximum pour être certain d’être sélectionné. Tu dois faire beaucoup de sacrifices pour évoluer en équipe nationale mais, en contrepartie, tu vis des moments intenses. C’est un honneur de former un groupe avec les meilleurs joueurs de votre pays et de défendre les couleurs nationales. »
A 21 ans, l’ancien sociétaire du Dragons – quinze saisons du côté de Brasschaat – est aujourd’hui totalement épanoui dans la compétition hollandaise. Il vient également de débuter des études au Johan Cruyff College à Roosendaal. « J’étudie le marketing et la communication dans cette école supérieure qui permet aux étudiants de placer le sport au premier plan. J’ai cours uniquement le matin, ce qui me permet de m’entraîner sans problème l’après-midi. Et lorsque je dois partir en stage à l’étranger avec l’équipe nationale, il n’y a vraiment pas de problèmes avec les professeurs. Je peux suivre mes cours via internet. C’est l’idéal pour moi qui veut absolument laisser la priorité au hockey tout en suivant quand même des études de haut niveau. »
L.T. (In Le Soir, lundi 17 novembre 2008)
12 novembre 2008
Les hockeyeurs belges nominés au "Gala du Sport 2008"
L’équipe nationale Messieurs est nominée au REFERENDUM ANNUEL SPORTIF DE L'ANNEE 2008 de la société des journalistes sportifs belges (Sportspress). Voici la description faite pour présenter les Red Lions : « Qualifiée pour la première fois depuis 32 ans pour les JO, termine à la neuvième place, après avoir tenu en échec l'Allemagne (1-1), future championne olympique. » Les lauréats (Sportif, Sportive, Espoir et Equipe de l'année) seront désignés le dimanche 14 décembre, dans la salle du Casino d'Ostende.
Les autres équipes nominées sont celles du Relais 4x100 m dames, du Relais 4x400 m hommes, du duo d’aviron Christophe Raes & Bart Poelvoorde, l’équipe de basket de Mons, les cyclistes sur piste Iljo Keisse & Kenny De Ketele, l’équipe nationale espoirs de football, l’équipe nationale hommes de tennis de table, l’équipe de volley de Maaseik et les deux beach-volleyeuses Liesbeth Mouha & Liesbet Van Breedam.
L.T.
John John Dohmen sur la RTBF
Les hockeyeurs ne quittent décidément plus les médias puisque, ce dimanche, une équipe de la RTBF Sports, conduite par Vincenzo Ciuro, assistait à la rencontre Watducks – Léopold. La chaîne publique souhaite consacrer un reportage à John John Dohmen, quelques mois après sa participation aux jeux olympiques. Le journaliste a également déjà suivi les frères Borlée. Le sujet devrait être diffusé dans le Week-end Sportif dans les semaines qui viennent.
L.T.
30 octobre 2008
Les clubs belges ont de vraies ambitions européennes
Après le sacre, en mai dernier, des Allemands d’Uhlenhorster, l'Euro Hockey League (EHL) est de retour. Et pour cette seconde édition, ce sont Louvain, champion en titre, et le Watducks, vainqueur du championnat régulier, qui défendront les couleurs de la Belgique lors de la compétition. Le week-end dernier, les douze premières équipes se sont rencontrées à Amsterdam, et dès ce vendredi, ce sont les douze suivantes, dont nos représentants, qui rentreront en action, à Lille.
A Waterloo, le groupe était assez satisfait du tirage au sort qui avait déterminé le club écossais d’Azzurri Kelburne et les Anglais de East Grinstead. En effet, les joueurs d'Etienne Tys ont réussi à éviter les grosses pointures des grands championnats mais ils devront se méfier très sérieusement du jeu proposé par les deux équipes. Le hockey britannique est robuste et physique. Il faudra donc que le Watducks soit au meilleur de sa forme pour passer sans encombre au second round. Le retour de Juane Garreta sera, par ailleurs, un élément déterminant dans l'éventuelle qualification des Brabançons qui seront les premiers à rentrer dans la compétition, ce vendredi, à 14h30 face à Kelburne.
Du côté des Champions de Belgique, le tirage au sort a été bien moins clément puisque les Universitaires ont été versés dans la Poule H avec l’Atletic Terrasa (Espagne) et les Three Rock Rovers (Irlande). Les Espagnols sont des adversaires très solides qui ne laissent pas leurs adversaires jouer au hockey. Il faudra donc tout miser sur la rencontre face aux Irlandais (samedi à 12h30).
Les deux premiers clubs de chaque poule de trois passeront au tour suivant (10 au 13 avril 2009). La qualification est une obligation pour les deux équipes qui ne peuvent pas se permettre de rester bloquées à Lille (l’an dernier, l'Antwerp et Waterloo avaient passé le cap). Ce serait, d'un côté, très mauvais pour le coefficient européen mais également une contre performance notable pour le Watducks et Louvain qui ont l'ambition de se montrer sur sur la scène internationale.
Laurent Toussaint (Le Soir, jeudi 30 octobre 2008)
23 septembre 2008
Rajeunissement des cadres en équipe nationale
Voici l'article paru ce lundi 22 septembre 2008 dans le journal "Le Soir" :
Alors que Adam Commens vient d’annoncer, cette semaine, le nom des joueurs qui disputeront le Hambourg Masters du 3 au 5 octobre prochain. On ne peut s’empêcher de penser qu’une nouvelle page se tourne en équipe nationale quelques semaines seulement après que la belle aventure olympique. En effet, même si le coach australien a laissé une bonne partie de ses Olympiens au repos, à l’exception de Jérôme Truyens, de Grégory Gucassof ou de Cédric Charlier, plusieurs « cadres » ont décidé de ne pas poursuivre leurs aventures avec les Red Lions. A côté des départs plus ou moins annoncés, il y a également de grosses surprises…
Pour Cédric De Greve, la décision était planifiée de longue date. Après 127 sélections et de nombreux sacrifices familiaux et professionnels, le gardien du Watducks estimait qu’il était grand temps de passer le relais à l’excellent David Van Rysselberghe. Même si les prestations du Brabançon étaient irréprochables lors des grands rendez-vous, son remplacement par le nouveau gardien du Beerschot ne devrait pas déforcer l’équipe.
En ce qui concerne Thierry Renaer, il n’y a pas non plus de grand étonnement. L’ex-capitaine de la sélection nationale a tout vécu depuis ses débuts avec l’équipe nationale. Avec 339 sélections et cinq buts, il a certainement été l’un des éléments les plus fiables de notre défense à Pékin. Il prend sa deuxième retraite internationale après celle de 2006 (il avait fait son retour après Manchester).
Mais voilà, à côté de ces deux départs, il y en a trois autres qui vont certainement handicaper l’équipe pendant un petit temps. A commencer par celui des frères Vandeweghe, LoÎc et Charles. Les deux Gantois sont « fatigués » et souhaitent pouvoir se consacrer à d’autres choses vu les sacrifices demandés par les Red Lions. Tout bénéfice pour La Gantoise et son projet sportif ambitieux. Loïc (211 sélections et 40 buts) et Charles (229 sélections et 48 buts) sont les deux éléments moteurs du dispostif de Pascal Kina. « Nous avons donné énormément durant ces dernières années pour l’équipe nationale, explique le capitaine de l’équipe belge à Pékin Après avoir vécu les J.O., qui restent le plus grand événement sportif au monde, nous pensions qu’il est grand temps de passer le relais. C’est une décision ferme et définitive sauf si, dans quelques mois, je devais ressentir, par exemple, un vide à ce niveau là… »
Enfin, dernier maillon à se retirer, Thomas Van den Balck et ses 234 sélections (12 buts). A 26 ans, le Bruxellois a lui choisi de quitter le groupe. « Cela fait déjà huit ans que je donne tout pour le hockey. L’année a été très longue physiquement et mentalement. Cela a été très laborieux de combiner mes activités sportives, professionnelles et ma vie privée. »
Après Felix Denayer ou Thomas Briels, ce sont de nouveaux espoirs qui vont pouvoir faire leurs preuves durant ces prochains mois avec comme objectif principal les Jeux de Londres en 2012. Il y a suffisamment de talent dans notre pays pour entrevoir l’avenir avec sérénité…
Laurent Toussaint
15 septembre 2008
Le hockey Etudes à Liège
Il y a quelques jours, c’était la rentrée des classes. Une première pour le collège Ste Véronique et l'Old Club de Liège qui ont lancé le « hockey-études ». Le premier entraînement avait lieu, mardi dernier, à Rocourt. En tout, ce sont 14 jeunes qui ont intégré le programme avec, pour beaucoup, de grandes ambitions sportives.
Pour visionner le sujet de RTC Télé-Liège, cliquez ici.
19 août 2008
Pas de crosses entre Wallons et Flamands
Le hockey belge ne cesse d'étonner et de faire parler de lui. la preuve avec ce nouvel article paru dans le très sérieux journal français Libération la semaine dernière.
"L’équipe belge de hockey sur gazon, qui a disputé son deuxième match de poule hier en arrachant le nul face à l’Allemagne (1-1), représente l’idéal olympique dans l’idée que s’en faisait Coubertin. Le gardien de but, Cédric de Grève (29 ans) est vétérinaire à Waterloo, dans le Brabant wallon, et l’attaquant Paul-Charles Vandeweghe (25 ans) travaille avec son père dans l’imprimerie familiale à Gand, en Flandre-Orientale. L’équipe de hockey belge et celle de foot sont les deux dernières grandes fédérations unitaires. C’est très certainement l’équipe de sport collectif qui raconte avec le plus de précision un pays dont on dit partout qu’il est en train de faire naufrage.
«Anglophone». Les Wandeweghe sont venus en famille pour encourager leurs deux fils qui jouent dans l’équipe, Loïc en étant le capitaine. Charles, imprimeur à Gand donc, a déployé deux grands drapeaux dans le stade et est allé chercher «des chopes». Il faut suivre pas à pas cette histoire savoureuse où la langue d’Esope à toute sa place : «Je suis un peu un cas assez à part, car né en Californie il y a cinquante-trois ans, de parents belges bilingues. Je suis donc anglophone, mais très belge cependant car mes enfants trilingues, sont nés à Gand, et je suis marié à une Flamande. Mais, je ne comprends pas ce qui se passe en ce moment : les politiques sont en train de tout foutre par terre. Heureusement qu’il nous reste le hockey», ironise-t-il sans être certain que ce rempart tienne longtemps.
L’équipe belge de hockey est pleine de talents, de charme et de recoins. Elle est entraînée par Adam Commens, un Australien qui réside à Anvers mais qui ne parle pas le français, «le comprend», mais se «débrouille en néerlandais». Les ordres du coach sont donnés en anglais. Les garçons lui répondent dans la même langue. Il a été demandé par les Chinois que les questions des journalistes, essentiellement francophones, soient posées en conférence d’après-match en anglais. Elles sont ensuite traduites en mandarin. Mais comme il n’y pas de journalistes chinois, le mandarin se perd dans l’éther d’une nuit
d’été. Et tout prend évidemment un temps fou.
Surréalisme. Il faut dire que les hockeyeurs adorent cet humour absurde qui leur rappelle le surréalisme dont la Belgique est la patrie. Evidemment s’est posé le problème douloureux de l’hymne. Dans quelle langue chanter la Brabançonne ? En néerlandais ou en français ? «C’est difficile de chanter la première partie en français et sauter ensuite au néerlandais…», souligne Jacques Le Chat, le manager de l’équipe. «Un jour, poursuit-il, les garçons ont décidé de tout chanter en français. Et c’est resté», se souvient Le Chat, «issu de la petite communauté germanophone».
On sent Le Chat peiné. Ce n’est pas à proprement les résultats qui sont en cause, mais une série de messages reçus ces dernières heures. Les interlocuteurs, anonymes, parlent «de trahison et de complot» ourdi par les francophones qui, au mépris de la majorité néerlandophone du pays, «obligerait l’équipe à chanter en français». A croire qu’il s’agit d’une langue de messe noire. La Belgique, ce pays entrelardé de langues et d’humour, ne peut pas disparaître. Ça serait en effet une affreuse nouvelle pour le hockey sur gazon, l’intelligence et l’amateurisme."
Maxime Luycx, étudiant bruxellois et milieu de terrain, serait assez de cet avis : «On ne parle jamais de politique entre nous, mais on a l’impression qu’on continue à être belges et que le drapeau, pour les gars, c’est encore un symbole qui veut dire quelque chose de fort.» Ecoutons par exemple Charles Vandeweghe : «On joue pour le drapeau et c’est une chose qui nous rassemble tous, que l’on soit Flamands ou Wallons.»
J-.L. L.T. (Journal Libération – Jeudi 14 août 2008)





