01 décembre 2007
Frédéric Soyez à Madrid : une vie cent pour cent hockey
Exemple réussi d’intégration dans un grand club étranger, Frédéric Soyez est pro au Campo Madrid. Beau parcours car en France, le hockey sur gazon reste un sport amateur.
Quand « Fred » Soyez a quitté le Lille Métropole HC, en 2004, il venait de finir ses études à la fac des sports de Ronchin (brevet d’État, master en management et entraînement sportif), et voulait tenter une aventure à l’étranger. Il avait le talent requis pour réaliser ce rêve et se donnait un an. « Un an de vacances », disait-il. Trois ans plus tard, il est toujours à Madrid. L’actuel meilleur buteur de la « Liga » (huit buts en sept journées) ne gagne pas des fortunes, mais cela lui permet de n’avoir à penser qu’au hockey. « J’étais parti en laissant un boulot en France. Ici, j’ai une vie plus facile. J’ai bien cherché un boulot à Madrid, mais c’est incompatible avec le hockey, dès que je parle de l’équipe de France, des JO. » Parti avec sa compagne, Christelle Lafaury, ex-Lilloise comme lui, Fred Soyez s’est parfaitement intégré. « On se sent de plus en plus madrilènes, du fait que maintenant on maîtrise la langue. On a des amis et on arrive à bien profiter de la vie à Madrid. »
L’été dernier, il a failli partir aux Pays-Bas, à Bloemendaal, mais… « J’ai hésité un mois. Ce qui m’a retenu, outre le challenge du club, c’est ma vie ici. Un choix du coeur. Christelle ne trouverait pas mieux en France : elle est prof au lycée français de Madrid, elle est championne d’Espagne et a gagné la Coupe des coupes avec les filles du Campo. » Et puis le hockey leur laisse du temps libre. « C’est une ville riche culturellement, alors on visite. Il y a également des choses à faire autour de Madrid. » (...) Mais le hockey sur gazon, lui, reste assez confidentiel. « En Espagne, le sport est moins varié qu’en France. Dans le quotidien sportif Marca, soixante des quatre-vingts pages sont consacrées au foot. Viennent ensuite Alonso et un peu Nadal, mais on parle peu de basket ou de hand. »
Et puis, il y a le soleil. À l’approche de la trentaine, « Fred » veut profiter de ses dernières bonnes années (il espère aller jusqu’aux Jeux de Londres – il aura 34 ans en 2012), d’autant plus qu’il reste sur une saison blanche en 2006-2007, après deux opérations au genou. (...) Il vise le titre avec le Campo (après la Coupe du Roi 2004 et la Coupe des coupes 2005), sans perdre de vue l’équipe de France. Dans deux mois il va d’ailleurs disputer le tournoi préolympique d’Auckland. Ensuite, cela dépendra des objectifs fédéraux sur quatre ans et des moyens mis en oeuvre pour aller à Londres (pour Pékin, ce sera dur).
En attendant, il est madrilène et s’implique comme il l’a fait à Lille, en arrivant de Valenciennes. Il est responsable de toute la préparation physique des jeunes du Campo. Lui s’entraîne tous les soirs avec le groupe et y ajoute un entraînement personnel le matin, à la piscine ou dans une salle de gym, à proximité de chez lui. « Jouer ici a changé ma vie. » Il la savoure à cent pour cent.
Jean-Philippe Mailliez (Article paru dans "La Voix du Nord", le 21/11/07)



