14 septembre 2007
Deuxième journée de championnat
Après mon excellent 5 sur 6 de la semaine dernière au jeu des pronostics, je me lance à nouveau pour cette deuxième journée de compétition.
A Ixelles, le Wellington voudra se rattraper après sa défaite au Dragons. D’ailleurs, les Bruxellois possèdent, avec Didier Michielssen (3 buts), un artificier plutôt adroit devant la cage adverse. L’Heraklès pourrait donc se faire surprendre par la spontanéité et la volonté de ce jeune groupe.
A Sint-Job-In’t-Goor, les champions en titre disputeront leur premier test sérieux de la saison face à un Léopold surprenant et déjà bien rôdé. Les Bruxellois pourront d’ailleurs compter sur le soutien d’Antoine Denis, suspendu la semaine dernière, pour poursuivre sur leur lancée.
Sur le terrain d’Uccle Sport, le Racing voudra rapidement se mettre à l’abri et ne laissera certainement pas passer une période d’observation pour se porter à l’assaut du camp adverse. Pour l’Orée, il faudra laisser passer la tempête avant de tenter quelque chose.
Après son match nul de la semaine dernière, le Pingouin sait qu’il doit l’emporter, surtout face au Beerschot, s’il veut continuer à rêver au Top 6. Les Anversois, de leur côté, aura certainement la volonté de vouloir laver l’affront de la défaite de la semaine dernière et la polémique autour du dernier but victorieux du Watducks.
Et justement les Brabançons recevront l’équipe d’Uccle Sport au... Bee. En effet, en attendant de pouvoir disposer de leur nouveau terrain de jeu, les hommes de Patrick Raes devront encore évoluer hors de leurs bases pour quelques semaines. Un élément qui ne devrait pas perturber le Watducks face aux Bruxellois lors d’un match qui s’annonce, comme chaque saison, des plus disputés...
Enfin, à Kessel-Lô, les Universitaires disputeront déjà un match à six points contre le Dragons. Défaite interdite pour les joueurs de Michel Van den Boer (de retour de Lituanie) face au Dragons qui cherche encore la bonne carburation. Dans cette rencontre, la moindre erreur risque de se payer cash.
Wellington – Herakles 1
Antwerp – Léopold X
Racing – Orée 1
Pingouin – Beerschot 1
Waterloo Ducks – Uccle Sport 1
Louvain – Dragons 1
Dès dimanche soir, retrouvez sur Hockeybelgium tous les résultats et les premières réactions des joueurs ou des coachs après les rencontres. Le mardi, rendez-vous avec le billet de Manu Leroy. Le gardien de Louvain vous offre, chaque semaine, son analyse sur la journée de compétition du week-end mais il essaiera surtout de vous faire vivre de l’intérieur ce championnat de Belgique.
L.T.
Pourquoi les Belges et pas nous ?
Voici un article écrit Patrick Roult, le manager de l'équipe de France de Hockey, qui a été publié sur son blog français Manager Hockey et qu'il m'a soumis aujourd'hui. Il s'agit d'une analyse claire, précise et très lucide. Voici l'intégralité du texte que vous pouvez également retrouver, tout comme d'autres articles, sur ce sité consacré à l'Actualité de l'équipe de France de hockey.
« Pour comprendre comment la Belgique a construit sa qualification aux Jeux Olympiques de Pékin, victoire acquise aux dépens de l’Allemagne, à Manchester, il faut remonter au 13 mars 2004, dans l’heure de midi à Madrid. La Belgique joue là sa qualification aux JO d’Athènes face à l’Afrique du Sud. Il faut une victoire et l’affaire est plutôt bien engagée puisque après 9 minutes de jeu elle mène par 2 buts à 0. Les Africains du Sud reviennent à 2 buts à 1 à la 14e minute et démarre alors un « combat de tranchées » dans lequel aucun des deux adversaires ne lâche quoi que ce soit. A la 65e le capitaine Belge écope d’un carton jaune mais toujours pas d’ouverture pour les Africains du Sud.
Arrive la 70e minute, et 20 secondes avant le coup de sifflet final, c’est l’égalisation. La prolongation ne donnera rien, l’épreuve des tirs aux buts sera fatale aux Belges.
Ce sont donc des Belges anéantis, dévastés par ce résultat qui vont rentrer chez eux. Peut-on se remettre d’une telle épreuve ? Peut-on se remettre d’avoir haussé son niveau de jeu jusqu’à égaler les meilleurs pour dans l’ultime seconde voir tout ce travail, cette performance, s’écrouler ?
C’est là je crois que les Belges ont construit leur qualification aux JO de Pékin. C’est dans la recherche des réponses possibles à ces deux questions cruciales que s’est édifié un hockey belge plus fort, plus sûr de lui, plus confiant, plus professionnel.
Pourquoi ? Parce que les réponses apportées à ces questions ont été des réponses concertées, positives, dynamiques, fédératrices et avec une même vision partagée de ce que devait être l’avenir. Parce que ces réponses ont à la fois nourri et canalisé le sentiment de révolte qui dès lors animait l’ensemble du hockey belge. Cet « échec » n’était acceptable pour personne ; ni l’équipe, ni les dirigeants, ni les clubs ni même les supporteurs n’avaient l’intention de l’accepter.
C’est donc tous ensemble, unis par cette révolte, qu’ils ont décidé de prolonger et d’améliorer leur projet olympique. Chacun, pour sa part, y a contribué, je ne dis pas que cela s’est fait sans difficultés, Giles Bonnet, l’entraîneur, artisan pour une bonne part de cette réussite sportive n’en a-t-il pas fait les frais un mois et demi avant Manchester ? Mais ils y sont arrivés parce qu’ils y ont tous cru, ensemble, en même temps et qu’ils ont tous marché du même pas vers cette splendide qualification. Ils ont récolté les dividendes de leur solidarité, ce n’est que justice.
Lorsque après Changzhou, ce même sentiment d’anéantissement nous a étreints, je ne me souviens pas que nous ayons focalisé l’attention du hockey français sur l’extraordinaire performance de l’Equipe de France. L’Equipe de France avait haussé son niveau de jeu jusqu’à battre les meilleurs (notamment les NZ, qui gagnèrent le tournoi), mais pas une seule fois, une voix ne s’est élevée pour dire que l’Equipe de France avait montré à Changzhou qu’un autre avenir était possible pour le hockey français.
Dès notre retour, nous nous sommes focalisés non pas sur comment aller plus haut mais sur la défaite face aux japonais, dont nous avons oublié au passage qu’ils n’étaient pas si modestes que nous l’avions dit alors. Nous nous sommes interrogés sur qui avait été responsable de l’échec de la qualification aux championnats du monde, il nous fallait coûte que coûte un « coupable ». Certains joueurs ont vu leur accablante déception instrumentalisée au service de remises en cause tantôt de l’encadrement, tantôt des joueurs eux-mêmes, tantôt de la politique sportive prônée par la DTN, tantôt même au service de luttes intestines entre dirigeants. Dès lors, la dynamique était cassée, et malheureusement, malgré de nombreuses réunions, aucune dynamique nouvelle n’a pu émerger ; chacun, équipe, dirigeants et clubs suivant son propre chemin, sa propre logique sans réellement parvenir à ce que tous nous n’embarquions résolument sur le même bateau… Mais rien n’est jamais inéluctable, pourvu que l’on accepte les leçons de l’Histoire. »



