13 octobre 2006
L'age d'or du hockey belge
Depuis le début de l'année, les sponsors se bousculent aux portes de la Fédération belge de hockey. Comment expliquer cet engouement soudain ?
Qu'il s'agisse de Volkswagen, Selexion, Delta Lloyd, BDO Atrio ou Delhaize, de plus en plus de grandes marques souhaitent être associées au développement du hockey en Belgique. Un sport en plein essor, puisqu'au cours des 5 dernières années le nombre d'adeptes de la discipline s'est accru, en moyenne, de quelque 1 000 membres par an. Réparti entre 75 clubs, le hockey belge rassemble aujourd'hui 18 284 pratiquants - une augmentation de 5,5 % par rapport à septembre 2005. Ce succès doit certainement beaucoup aux résultats sportifs des équipes nationales de jeunes et de seniors.
Dès lors, les entreprises s'intéressent tout naturellement au phénomène. Mais il n'y a pas que cela. Depuis quelques mois, la Fédération belge a recruté un consultant externe dans le domaine du marketing et de la communication. « Le travail de fond de Pierre-Emmanuel Fobe depuis le mois de janvier commence à payer, estime Marc Coudron, président de la Fédération belge de hockey (ARBH). Tous nos nouveaux partenaires commerciaux ont été attirés par les valeurs familiales, sociales et éducatives que véhicule le hockey. Notre sport surfe sur une vague positive depuis plusieurs mois et nous commençons à en retirer les bénéfices. »
Un sport collectif à Pékin
Pour Jean-Pierre Speleers, président du club anversois du Dragons, le phénomène actuel s'explique aisément. « Si le secteur bancaire, par exemple, s'intéresse beaucoup à nous, c'est parce qu'il a bien compris que cela lui permet de toucher le plus rapidement possible les jeunes. Des études récentes prouvent qu'on ne change pas facilement de banque. Il souhaite donc fidéliser au plus vite un large public. Par ailleurs, notre sport est de plus en plus médiatisé. Les marques aiment être associées à un nom d'équipe ou à des valeurs fortes comme le culte de la victoire chez nous. Toutefois, il faut savoir que les sommes mises en jeu dans le sponsoring du hockey sont beaucoup moins importantes que dans le football, par exemple. Il est donc plus facile pour ces sociétés de dénouer les cordons de leur bourse. »
Lorsque l'on souhaite évoquer des chiffres plus précis, les bouches se ferment cependant. Tout au plus est-il possible de connaître la progression des rentrées globales de l'ARBH en matière de sponsoring. « Nos partenaires commerciaux ne souhaitent pas que les chiffres des différents contrats soient rendus publics, souligne Marc Courdron. Ce que je peux vous dire, c'est qu'en moins d'une année nous avons augmenté d'environ 400 % nos rentrées de marketing. Les sommes ainsi récoltées représentent près de 15 % du budget annuel de la Fédération. A cela il faut bien évidemment ajouter les cotisations de nos membres et l'argent récolté pour nos équipes nationales auprès du COIB. »
En effet, Pierre-Olivier Beckers, le président du COIB (Comité olympique interfédéral belge) le répète régulièrement : il souhaite qu'un sport collectif belge soit présent aux Jeux de Pékin. Voilà pourquoi un budget supplémentaire a été attribué aux hockeyeurs afin que certains d'entre eux passent d'un statut de « très bon amateur » à celui de « quasi-professionnel ». Une révolution indispensable si l'équipe nationale masculine veut poursuivre sa route vers les sommets. « Attention, il ne faut pas rêver, tempère Marc Coudron. Les sommes attribuées aux joueurs sont des défraiements pour leur investissement dans le hockey. Ils s'entraînent près de 20 heures par semaine et ils doivent organiser leur horaire en fonction de ce paramètre. On parle donc bien ici de dédommagements et non de véritables salaires. Les gens ne doivent pas fantasmer sur les sommes mises en jeu. »
Laurent Toussaint
Extrait du "Vif/L'Express" du vendredi 13 octobre 2006.



