14 avril 2006
Des Belges en Chine
Nos meilleurs hockeyeurs sont toujours amateurs. Mais ils se sont préparés comme des pros pour tenter de décrocher leur ticket pour le prochain mondial.
Les plus hautes sphères du hockey mondial semblent à la portée de la Belgique. Elle joue, actuellement, en Chine, sa place parmi l'élite. L'équipe nationale participe en effet au Qualificatif pour le prochain championnat du monde. Ces épreuves se déroulent jusqu'au 23 avril à Changzhou City. Objectif : terminer dans les cinq premiers. Pour y parvenir, les joueurs de Giles Bonnet devront se défaire d'adversaires coriaces : outre le Pakistan, une des valeurs sûres du top 6 mondial et grand favori de la poule, il faudra affronter l'Angleterre qui voudra certainement prendre sa revanche suite à ses défaites à répétition lors des derniers grands tournois internationaux. L'Irlande et le Canada ne seront pas non plus des vaincus consentants tandis que l'Egypte ne devrait pas poser trop de problèmes. Les deux premières places des poules étant directement qualificatives, il faudra essayer d'assurer directement sa place pour le championnat du monde qui aura lieu à Mönchengladbach, en Allemagne, du 6 au 17 septembre prochain. Si ce n'est pas le cas, il restera alors à gagner les deux matchs de barrage pour conquérir la dernière place qualificative.
L'équipe belge affronte ce tournoi très éprouvant avec un atout majeur : sa puissance physique. « La préparation a été une nouvelle fois axée essentiellement sur l'intensité lors des stages en Argentine et en Egypte », explique Michaël Van Cutsem, le préparateur physique de l'équipe nationale. Le groupe a travaillé très dur dans des conditions difficiles. Le niveau physique de l'équipe est près de 10 à 15 % plus élevé que lors du qualificatif olympique de Madrid en 2004. » Pour Michaël Van Cutsem, pas de doutes, la Belgique est prête : « Lors des derniers entraînements organisés au stade Roi Baudouin, les gars se sont astreints à des séances où la vitesse imposée est d'environ 18 km/h. Le niveau actuel est exceptionnel. Même les nouveaux arrivés, comme Maxime Bertrand ou Fabrice Bourdeaud'hui, possèdent déjà une condition qui justifie amplement leur sélection. »
Au-delà de la condition physique, le staff s'est attaché à gommer les imperfections flagrantes constatées lors des derniers grands rendez-vous internationaux. « Je pense que nous disposons maintenant d'une équipe parfaitement équilibrée et robuste dans les différents secteurs du jeu, analyse Giles Bonnet, l'entraîneur. Le secteur offensif a largement étoffé sa palette de jeu grâce à un changement de méthodologie dans la préparation tandis que nos défenseurs ont progressé dans les duels homme contre homme. Nous sommes capables de récupérer des balles et d'en faire immédiatement bon usage dans le jeu. » Chaque détail a été pensé en vue d'être le plus fort sur le terrain et par rapport au championnat d'Europe de Leipzig, où les Belges terminèrent bons quatrièmes mais où leur avait manqué de la vitesse défensive, le physique a été travaillé dans ces gestes particuliers : « Les joueurs sont maintenant capables de coller, de gêner sans cesse un adversaire en étant moins fatigués ou en tolérant mieux la fatigue musculaire que lui. »
Indéniablement, la Belgique a bien progressé au cours de ces trois dernières années. Révolu le temps où elle subissait le rythme imposé par les grandes nations du hockey ! Ce sont les Belges qui prennent l'initiative sur le terrain. Leur récente victoire obtenue en Allemagne (1-3), en match de préparation, face à l'une des meilleures équipes du monde, en est la parfaite illustration. L'équipe joue avant tout sur ses qualités et sur son expérience. Enfin, le retour au plus haut niveau de Zoulou Brulé (100 buts et 129 sélections), après une blessure qui l'a tenu éloigné des terrains pendant près de six mois, sera certainement déterminant dans les moments délicats. Le Nivellois est, en effet, l'un des meilleurs tireurs de p.c. (penalty-corner) au monde. La Belgique a donc tous les atouts dans son jeu pour réussir un parcours sans-faute en Chine avant, peut-être, d'y revenir en 2008 pour disputer les Jeux olympiques de Pékin...
Laurent Toussaint
Extrait du "Vif/L'Express" du vendredi 14 avril 2006



